L'histoire des mots

A toi ma chère Endométriose

~ Le 12.09.2020 ~

Pendant près d’un an, j’ai cherché à savoir d’où venaient ces douleurs indescriptibles.
Ces douleurs atroces que je portais en moi depuis le début de mon adolescence.
Ces douleurs qui se sont rapidement accentuées en l’espace de quelques mois.
Ces douleurs qui ne me réconcilieront jamais avec le corps médical.
Ces douleurs qu’aucun médecin ne souhaitait entendre parler.
Ces douleurs que je vais haïr jusqu’à la fin de mes jours.
Ces douleurs qui m’ont hantées jour et nuit.
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~ A toi, ma chère Endométriose ~
En avril 2019, un seul médecin a osé mettre un mot sur mon mal : Endométriose.
Ce médecin n’est pas passé par quatre chemins et n’a pris aucune pincette pour me l’annoncer : « Personne ne vous l’a dit ? C’est pourtant très clair sur l’image, vous avez une Endométriose. ».
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Et, même si au fond de moi j’ai toujours su que quelque chose n’allait pas, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Des larmes de joie sont sorties car j’étais heureuse et reconnaissante de mettre enfin un mot sur mes douleurs et d’être reconnue comme « malade ». Mais, des larmes de tristesse sont également sorties car nous connaissons tous les effets de cette maladie. Je voyais enfin ma plus grande crainte se confirmer : ne jamais être maman. J’en ai voulu à la Terre entière.
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Au même moment, à seulement quelques semaines d’intervalles, ma sœur m’annonce qu’elle va devenir maman. J’ai été la dernière de la famille à être mise au courant. Je n’ai éprouvé aucune émotion. Au fond de moi, je pleurais. J’avais une rage. Je ne comprenais pas pourquoi le monde m’en voulait autant pour me faire endurer autant d’épreuve en si peu de temps. Comment pouvais-je être heureuse de devenir tata alors que moi, je n’aurais jamais la chance de vivre ces moments ?
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Après un an et demi de remise en question et de questionnement, je peux le dire : j’ai fait le deuil de toute possibilité de grossesse. Petit à petit, je me suis plongée dans la lecture de témoignages tout aussi poignants les uns que les autres. Petit à petit, je me suis penchée sur la question de l’adoption. Petit à petit, j’ai pris conscience que je pourrai un jour être la maman d’un « enfant du monde ». Cela demandera du temps et beaucoup d’amour. Mais, avec le temps, j’ai pris conscience que l’adoption était le plus beau geste du monde.
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Oui, aujourd’hui je crois en la vie. Je sais qu’elle me réserve de belles choses !